dimanche 30 août 2009

Marée noire près de Suez



Un pétrolier, battant pavillon panaméen, s'est brisé en deux le 28 aout alors qu'il approchait de Suez où il devait effectuer des réparations.
Le "Elli" est un navire d'une capacité de 59.000 tonnes, il voyageait cependant à vide avec seulement 60 tonnes de pétrole destiné à la propulsion du navire. Une partie de ce pétrole (pétrole de densité légère) s'est répandue lors du naufrage créant ainsi une petite marée noire que les autorités égyptiennes tentent de contenir.
Cet accident serait la conséquence d'une faute de l'équipage lors d'un transfert de liquide lors du nettoyage de cuves : ce transfert de masse a rompu l'équilibre du navire qui s'est alors brisé en deux.

La navigation sur le Canal de Suez n'a pas été interrompu et le défilé des navires continu qu'il s'agisse de porte containers ou de pétroliers.

La nouvelle est ici peu commentée. La Suez Canal Authority ne le mentionne pas et les journaux se contentent de reprendre les dépêches existantes.

NB : La photo n'est pas celle du pétrolier naufragé mais d'un navire passant sous mes fenêtres...

mardi 25 août 2009

L'Algérie une menace pour Israël ???


Israël a fait part, par l'intermédiaire des USA et de l'OTAN, de son inquiétude grandissante face à l'accroissement de la puissance maritime algérienne depuis quelques années - il s'agit du début de la refonte de la Marine algérienne (avec à terme le renouvellement total de la flotte par l'acquisition de bâtiments modernes dont un certain nombre éventuellement auprès de DCNS).

Tel Aviv n'hésite pas à déclarer que l'Algérie est un "danger pour la sécurité intérieure israélienne", notamment en entretenant "une attitude d’animosité envers Israël".
En effet, Israël redoute une implication de l'Algérie en cas de conflit ouvert avec les pays arabes et donc de fortes difficultés de navigation pour les navires israéliens dont un grand nombre emprunte le détroit de Gibraltar malgré l'amélioration récente des relations avec l'Égypte (qui ont permis les passages répétés de navires de guerre israéliens par le Canal de Suez).

Ces déclarations interviennent au moment où l'Algérie envoie des observateurs participer à l'opération de l'OTAN Active Endeavour en Méditerranée occidentale (démontrer la solidarité de l’OTAN et sa détermination à lutter contre le terrorisme, et contribuer à détecter et décourager les activités terroristes en Méditerranée).

Sur un plan théorique, il semble difficile d'évaluer les deux marines (environ 6 000 hommes pour l'Algérie et 9 500 pour Israël - sans tenir compte des réserves) mais il convient de se souvenir que les sous marins israéliens de la classe Dolphin pourraient d'après certains experts servir à lancer des missiles à tête nucléaire.
Mais il est intéressant de noter l'évolution des menaces pour Israël qui maintenant s'intéresse à des pays plus éloignés de sa sphère d'évolution habituelle.

vendredi 21 août 2009

Les prémices du Ramadan


Alors que le Ramadan doit commencer en Égypte demain - tout dépendait de la lune et de son interprétation par les sages religieux, les premiers prémices de ce mois de jeune pour les Musulmans sont plus qu'intéressants à observer dans un pays où l'Islam est religion d'État.

Le premier des signes de préparation du Ramadan a été la frénésie du shopping qui s'est emparée des Égyptiens et Égyptiennes. Cette fièvre, qui consiste à se ruer dans les magasins pour faire des provisions en vue du mois du Ramadan, est visible aussi bien dans les grands magasins comme Carrefour, Métro que dans les petites boutiques de quartier. Deux raisons peuvent expliquer un tel comportement, qui rend les courses horribles pour un Européen... :
  • une période réputée pour ses petits prix en ce qui concerne l'alimentation - et particulièrement les aliments utilisés pour les repas festifs de rupture du jeune.
  • une volonté de ne pas avoir à sortir de chez soi pendant le Ramadan consacré au jeune, à la prière et aux réceptions entre voisins (durant la nuit).
Un autre signe non négligeable est le changement d'heure : la nuit dernière, nous avons donc tous pu retarder nos montres d'une heure et donc dormir un peu plus. L'Égypte est donc actuellement à l'heure française. Ce passage à l'heure d'hiver intervient tôt dans l'année afin de permettre aux Musulmans de mieux supporter le jeune en cette période estivale (le mois d'août ayant la réputation d'être le mois le plus chaud ici).
Bien évidemment, ce changement n'a été que peu annoncé et ne correspond pas vraiment à une volonté de réaliser des économies d'énergie pour sauver la planète !!!

D'autres signes sont moins visibles ; mais ils permettent aussi une adaptation de la vie courante à la pratique du jeune.
Ainsi un certain nombre d'écoles ont repoussé la rentrée scolaire à fin septembre ; ce qui offre un mois de vacances en plus aux élèves qui ne semblent pas s'en plaindre.
Et les horaires de l'administration, des banques et de certaines sociétés sont modifiés pendant le Ramadan pour permettre au personnel de travailler de manière continue entre 9h00 et 14h00. ce ne sera de toutes les manières pas un mois très actif...

Pour ceux qui veulent en savoir plus, un livre "Ramadan. Voyage au coeur d'un rite" de Christel Becker-Rau , Angela Grünert. Et comme on dit ici : "Ramadan karim".

lundi 17 août 2009

Incidents dans le Sinaï


Si la mission se passe bien, des évènements récents nous rappelle que tout peut aussi arriver entre les accidents pendant le service et les incidents entre les différents États.

Un soldat colombien, membre de la MFO, a été tué jeudi dernier dans une fusillade qui a impliqué des membres de son contingent, et un soldat autre a été blessé.
Il est probable que le tir a eu lieu à la suite d'une bagarre alors que les trois militaires impliqués dans cette fusillade étaient de garde. Une enquête interne est en cours pour comprendre les causes du décès.
Le blessé est soigné dans une clinique de la base militaire d’Al Goura (Nord Sinaï) où est stationnée l'unité colombienne.

Aujourd'hui (ou plutôt pendant la nuit) 17 aout 2009, un garde-frontière égyptien aurait ouvert le feu sur des soldats israéliens qui ont riposté, à 20 kilomètres au nord de la station balnéaire d'Eilat. Un "officier" égyptien a été blessé et la route longeant la frontière est actuellement fermée.

dimanche 16 août 2009

Visite au musée

La ville d'Ismaïlia possède un petit musée régional (ouvert de 9h00 à 16h00) regroupant des pièces antiques de diverses périodes de son histoire ancienne. La plupart de ses pièces ont été découvertes lors des travaux de creusement du Canal de Suez et des canaux d'eau douce comme celui qui traverse encore Ismaïlia.

C'est un vieux musée (construit en 1932) peu entretenu dont la visite est plus que rapide -40 minutes en prenant son temps ... après avoir satisfait aux contrôles de sécurité dignes d'un aéroport. Les objets sont dans de petites vitrines en bois avec des étiquettes manuscrites en arabe et en anglais indiquant vaguement la période de l'objet.


Il y a néanmoins de jolies pièces comme une grande mosaïque représentant des scènes de la mythologie grecque ou le sphinx datant du Moyen Empire (13 ème dynastie) et usurpé par Ramsès II qui trône devant le musée.



Il manque hélas à ce petit musée des notices explicatives sur les lieux de découverte des objets, leur place dans l'histoire de l'Égypte... et peut être aussi une salle sur l'histoire d'Ismaïlia. Cela reste un endroit calme et culturel dans la ville ; il serait néanmoins intéressant de connaitre le nombre de visiteurs par an !

vendredi 14 août 2009

Non aux bases militaires


Voici l'opinion d'un journaliste égyptien, Gamal Zayda sur la présence militaire étrangère... parue le 12 aout dans l'hebdomadaire francophone Al-Ahram.

"La lutte égyptienne contre l’occupation n’est pas une simple page de l’Histoire qu’on a tournée à jamais. Au contraire, nous en avons retiré des leçons qui sont restées utiles, même après l’indépendance. L’un des principes les plus importants qui sont ancrés dans l’esprit égyptien depuis les années d’occupation est le « non » aux bases militaires. A vrai dire, les présidents égyptiens qui se sont succédé depuis la libération nationale ont conservé ce principe. Nasser s’est engagé dans des guerres, dont les Égyptiens ont aujourd’hui le luxe de discuter la nécessité, pour empêcher toute présence étrangère sur les territoires égyptiens. Ensuite, Sadate a fait la même chose en s’engageant dans la guerre d’Octobre 73. Et Moubarak aussi en réalisant le rêve du retrait du dernier soldat israélien de la terre du Sinaï. Et il vient de le redire il y a quelques jours : non aux bases militaires ; Égypte n’est pas le Qatar, Égypte n’est pas les Philippines, Égypte n’est pas la Corée du Sud. Les Égyptiens ne verront jamais des soldats se balader sur leurs terres sous prétexte qu’ils travaillent dans des bases militaires. Ni l’esprit égyptien, ni la direction politique l’accepteront. Nous acceptons la coopération militaire mais pas la présence militaire. L’importance des déclarations de Moubarak est qu’elles ont été faites quelques jours avant sa visite à Washington. Le message est clair : les Égyptiens ne veulent pas d’intervention étrangère. Ils veulent faire leur histoire politique eux-mêmes, sans aucune aide étrangère, et régler leurs problèmes : la démocratie, le transfert du pouvoir, les droits de l’homme, les problèmes des coptes, l’amélioration du niveau de vie des citoyens, le développement, les relations avec Israël, la médiation entre les Israéliens et les Palestiniens ... Un dernier mot : Nous aspirons à un agenda déterminé concernant la coopération avec la nouvelle Administration américaine, un agenda où le discours du Caire serait traduit en projet d’action."

Elle reflète bien la pensée la plus répandue en Égypte sur les forces armées étrangères et laisse entrevoir la manière dont les Égyptiens ressentent la présence étrangère sur leur sol national même si le journaliste oublie de signaler la forte présence de militaires étrangers dans le Sinaï dans le cadre de la MFO. Résultats de son passé guerrier et d"une formation issue du monde soviétique, l'Egypte est très méfiante vis à vis des militaires étrangers même si un esprit d'ouverture existe renforcé par les nombreux déplacements de militaires égyptiens dans le cadre des opérations de maintien de la paix ou de la coopération avec l'OTAN.


mardi 11 août 2009

Garhib House


Garhib House tel est le nom de l'immeuble où je vis à Ismaïlia. C'est un endroit simple, un peu excentré du centre ville mais avec une vue imprenable (notamment du toit terrasse) sur le Sinaï et surtout le Canal de Suez.

L'immeuble est composé de 5 étages avec 2 appartements par étage et un ascenseur. Il est, aux dires de mes collègues, ce qui se fait de mieux à Ismaïlia et est ainsi devenu, au fil des ans, le repère des expatriés qui viennent passer quelques années dans la ville (dont les personnels des Nations Unies, un ingénieur japonais chargé de construire le pont sur le Canal, la propriétaire d'une usine d'ampoules...).


Dans les personnages incontournables, il y a bien sûr la propriétaire qui vit au dernier étage - une fort sympathique Canadienne francophone que tout le monde appelle docteur (de quoi, mystère ???) et qui a épousé un Égyptien et s'était installée avec lui pour profiter de la vue dégagée et paisible et il y a le gardien égyptien et homme à tout faire de la maison qui malgré la fréquentation des expatriés peine encore à dire autre-chose que bonjour en anglais.

Il faut ensuite rajouter les chats du quartier qui se battent dans les poubelles et les policiers égyptiens qui surveillent depuis une petite cabane au bord de la rue tous les déplacements du quartier afin de garantir la sécurité de ses habitants.

Si le centre est loin, il y a, dans la rue voisine, un petit commerce bien utile pour les achats d'appoint d'autant qu'il est surtout ouvert la nuit et l'un des restaurants acceptables d'Ismaïlia.