jeudi 3 décembre 2009

Tabaski à Alexandrie


Profitant d'un long week-end à cause de la fête de l'Aid (plus connue en Afrique de l'Ouest sous le nom de Tabaski), je suis parti découvrir Alexandrie.


C'est d'Ismaïlia un long périple de quatre heures de bus mais tellement plus reposant que la voiture d'autant que celle-ci n'est pas vraiment nécessaire pour parcourir le centre d'Alexandrie et se laisser porter par l'histoire de cette jolie ville sur les bords de la Méditerranée.


Fortement marquée par une influence européenne, la ville maintenant surtout connue pour sa bibliothèque est pleine de charme avec ses vieux immeubles, son tramway, ses rue commerçantes, ses pâtisseries. Et l'on a parfois le temps que la vie s'est arrêtée à la fin des années 50 ; heureusement, la jeunesse égyptienne très présente pendant cette période de fête est là pour nous rappeler qu'Alexandrie continue de vivre et que tout n'est pas figé.

En voici donc quelques images : le tramway, la caserne des pompiers, une vieille maison et un fleuriste. A suivre...

dimanche 29 novembre 2009

Campagne de lutte informatique

En forme de clin d'œil, voici le thème de la campagne de lutte contre les problèmes informatiques.


Cette belle affiche s'accompagne de certains changements notamment un fort verrouillage des accès Internet : de plus en plus de sites sont inaccessibles pour des motifs divers (extrémisme, achat en ligne, site inconnu du système, blog et sites personnels, réseaux sociaux...). Et pour faire lever ces restrictions, il faut s'armer de patience et bien entendu avoir des motifs valables.

Pour ma part, je n'ai pas encore trop essayer mais ces blocages rendent difficiles le suivi de l'actualité locale et internationale notamment la consultation des blogs - j'hésite encore à demander un accès à Twitter en m'appuayant sur l'exemple des attentats de Bombay pour expliquer que ce peut être une excellente source d'informations.

jeudi 26 novembre 2009

Egypte - Algérie : les suites du match


C'est bien malgré moi que j'ai du m'intéresser aux rencontres de football pour les qualifications de la Coupe du Monde 2010 ; en effet, c'est un sujet qui passionnait les Égyptiens et donc une bonne entrée en matière pour lancer la conversation. Maintenant, je suis de près les conséquences de la défaite de l'Égypte face à l'Algérie sur un plan sécuritaire et politique.

En effet, à en croire certains, il y a maintenant un quasi conflit entre les deux États. Ce qui fait dire à certains Egyptiens qu'il est heureux que les deux pays n'aient pas de frontière commune car cela permet d'éviter les confrontations militaires. Pour l'instant, les confrontations sont diplomatiques (rappel de l'Ambassadeur d'Égypte en Algérie), économiques ou exprimées par de "violentes émeutes" devant l'Ambassade d'Algérie au Caire.

La presse des deux pays ne cesse, quant à elle, d'attiser la haine qui apparait entre ces deux pays arabes depuis déjà longtemps en concurrence par les équipes de foot interposées mais aussi dans la recherche d'une suprématie régionale ou pan-arabe.
Ces disputes sont aussi l'occasion en Égypte de masquer certaines réalités locales, de réunir la population autour d'une cause commune et patriotique. Et l'on voit même apparaitre de nouveaux orateurs comme Alaa Moubarak si peu présent en politique par rapport à son frère Gamal (souvent présenté comme potentiel successeur de son père Hosni Moubarak à la tête de l'Égypte).

lundi 2 novembre 2009

Ma malle


Après bien des péripéties et une longue attente, elle est enfin arrivée en entier voici une semaine.

En effet, pour compléter les quelques affaires que j'avais été autorisé à emporter dans l'avion (40 kilo comme d'habitude) les parents m'ont envoyé une seconde cantine remplie de toutes les affaires qui me manquaient - un uniforme, des livres, une raquette de tennis... sans se douter du temps qu'il faudrait pour que tout arrive à destination !!!


Partie début septembre de France par avion, la malle a mis une semaine à arriver en Égypte et il a fallut ensuite plus d'un mois pour obtenir son dédouanement avec des documents à aller chercher dans diverses administrations, à traduire en arabe... heureusement je n'ai pas eu à m'en occuper ce qui ne m'empêchait pas de penser parfois que toutes mes affaires avaient disparu à la faveur des fêtes de la fin du Ramadan.

Climat


Le début du mois de novembre a été marqué ici à Ismaïlia par une longue pluie (plus de 30 minutes) et aussi par l'apparition d'un climat plus doux. En effet, il devient de moins en moins nécessaire d'allumer les climatiseurs que ce soit au bureau ou à la maison.

Et si les policiers égyptiens n'ont pas encore quitté leur uniforme blanc (tenue d'été) pour la tenue noire, les Égyptiens commencent à ressortir les anoraks, écharpes et autres vêtements chauds.
Il fait cependant encore environ 17 degrés ce matin et malgré quelques nuages le soleil est toujours présent.

Et ces changements s'accompagnent par d'avantage de vent à Ismailia alors que sur la côte le vent est présent en permanence (cf. graphique du vent à Dahab sur le Golfe d'Aquaba)

vendredi 23 octobre 2009

L'Eglise catholique en Egypte : des défis à relever


En plein dans le débat local, avec des échos modestes en France, sur le port du niqab en Egypte et notamment dans les collèges et universités, voici les propos éclairants sur la situation des catholiques en Egypte telle que présentée au Synode africain de 2009 par Mgr Kyrillos William, évêque d'Assiout des coptes.

Le fondamentalisme religieux, l'émigration des cadres chrétiens, les réfugiés, le travail œcuménique - qui laisse à désirer -, la formation adéquate des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs, pour faire face aux changements de la société : autant de défis pour l'Église catholique d'Egypte.

Sur une population totale de 80 millions d'habitants, a expliqué Mgr William, « les chrétiens en Égypte sont environs 10 millions, dont quelque 300.000 catholiques » : coptes catholiques, majoritaires, melkites, maronites, syriens, arméniens, chaldéens et latins.
Il souligne aussi la nécessité de « promouvoir la communion entre les différents rites et les nouveaux mouvements dans l'Église ». L'Église catholique d'Égypte est « une petite communauté qui garde son cachet d'Église universelle, elle porte aussi les soucis de toute Église africaine, tout en ayant sa spécificité, vivant dans un contexte arabo-musulman différent de celui des autres pays africains », a fait observer l'évêque : « elle est aussi une Église locale riche de traditions, de cultures, de rites et une liturgie propre ».
Les activités socio-pastorales des diocèses, des congrégations religieuses et des organismes laïcs donnent « la priorité à l'éducation ». « Par l'école, a précisé Mgr William, nous formons l'enfant à la tolérance, au respect de l'autre différent et aux valeurs humaines. Cette formation crée des ponts entre les différentes couches religieuses et sociales ».
Mais l'Église locale s'investit aussi dans le domaine du développement socio-économique : « promotion de la femme » et « animation rurale » par l'alphabétisation, la santé, les micro projets, etc...

mardi 20 octobre 2009

Le Musée Mahmoud Khalil


Le Musée Mahmoud Khalil abrite la collection d'art européen des XIXe et XXe siècle la plus importante du Moyen-Orient.
Mohamed Mahmoud Khalil, ancien ministre de l'agriculture, et sa femme Émeline Lock (française) ont rassemblé dans leur palais de Gizea un grand nombre d'œuvres d'art et notamment des peintres impressionnistes - un musée Jacquemart André égyptien...
Cette splendide demeure d'inspiration Art Déco et Art Nouveau après avoir été léguée à l'État égyptien afin qu'elle soit transformée en musée (inauguration le 23 juillet 1962) a également servi de résidence au Président Sadate avant de retrouver son affectation actuelle.

Le musée est, bien entendu, désert hormis les gardes qui sommeillent dans l'entrée près du portique de sécurité hors service. Je croiserai néanmoins un couple européen et quelques étudiants égyptiens venus faire des croquis de certaines œuvres. C'est donc l'occasion de profiter loin de l'affluence des grands musés parisiens d'un certain nombre de chefs d'œuvres même si l'on peut regretter l'absence de mise en valeurs (éclairage) des œuvres excepté le Gauguin “Vie et Mort”et le Van Gogh “Genets et coquelicots”.

Parmi les peintres, on retiendra Rubens, Monet, Daumier, Renoir, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Sisley, Pissaro mais aussi Eugène Fromentin, Berthe Morisot, Degas, Delacroix, Corot, Gauguin, Ensor et Picasso.
Et pour les sculpteurs Rodin (buste de Victor Hugo, un bourgeois de Calais), Barye (notamment Thésée luttant contre le Minotaure), Houdon, Carpeaux, Charles Cordier et Rude.
Quelques œuvres également de peintres égyptiens qui retiennent difficilement l'attention avec autant de grands artistes autour d'eux. Et aussi des vases chinois et des Sèvres.

Il est amusant de voir autant d'œuvres françaises ici au Caire en pleine polémique sur les œuvres égyptiennes du Louvre et leur revendication par l'Égypte. En effet, on pourrait, par un parallèle facile, se dire que tous ces tableaux seraient mieux au Louvre ne serait ce que parce qu'ils seraient plus vus, qu'ils participeraient à la compréhension de l'œuvre des artistes et que certains estiment que cette collection n'a pu être réuni que parce que Mahmoud Khalil a su profiter de la récession économique suite à la crise de 1929.
Pour moi, il n'en est rien. Ces splendides œuvres d'art ont toute leur place en Égypte. Elles sont en effet les ambassadrices de la culture française ; ce serait une erreur que de priver les autres pays de l'opportunité de découvrir ainsi ces artistes et peut être ainsi avoir envie ensuite d'aller visiter le Louvre, Orsay... Par contre, une collaboration avec un musée français pour la mise en valeur serait une belle idée.


Un musée original au Caire mais surtout un havre de paix dans cette ville bruyante. Hélas, les photos sont interdites et la boutique des souvenirs fermées... L'Égypte !!!