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dimanche 24 janvier 2010

Mémorial de la Guerre d'Octobre 1973


On ne peut pas évoquer Ismailia - surtout maintenant - sans faire référence à son histoire récente notamment les guerres avec Israël. En effet, la ville semble peuplé de souvenirs des bombardements endurés par la population et des actions héroïques de l'armée égyptienne face aux armées israéliennes.



Le plus parlant de ces monuments est celui de la rive est du Canal de Suez : grande baïonnette plantée dans le désert et célébrant ce qui est appelé ici la victoire d'Octobre 1973 lorsque les troupes égyptiennes franchirent le canal de Suez à la faveur de la fête juive du Yom Kippour.
Si la victoire militaire est de courte durée pour les Egyptiens, elle n'en demeure pas moins une victoire tactique : Sadate aura réussi à inquiéter les Israéliens et pourra utiliser cette opportunité lors des négociations des accords de Camp David.



Le monument qui domine Ismailia, repoussant dans l'oubli celui édifié en mémoire des soldats de la 1ère Guerre Mondiale, se visite et est le théatre des grandes parades de l'armée égyptienne.

jeudi 10 décembre 2009

Alexandrie : Bibliotheca Alexandrina


Alexandrie, c'est aussi sa grande bibliothèque. Bien entendu il ne s'agit pas de celle connue dans tout le monde antique mais d'un ouvrage récent inauguré en 2002 sur le site de l'ancienne bibliothèque. C'est un bâtiment gigantesque prévu pour accueillir 5 millions d'ouvrage et 2 000 personnes dans ses salles de lecture.

J'avais déjà eu l'occasion de la visiter en 2002, quelques temps avant son inauguration officielle, et j'ai trouvé intéressant d'y retourner pour y confronter mes souvenirs. Rien n'a vraiment changé et contrairement à beaucoup de lieux en Égypte, le bâtiment n'a pas subi l'agression du temps et des éléments.
Cette visite était aussi d'actualité avec la polémique naissante en France sur le don de 500 000 livres par la BNF et les soupçons de censure. Cette affaire n'a eu en Égypte aucun écho.


Les rayonnages intérieurs sont encore pour l'instant encore très vides et les allées désertes (peu être en raison des vacances de l'Aid). Mais il est intéressant de constater que les langues se côtoient à l'intérieur d'une même thème, d'une même catégorie.

Il y a aussi de très belles expositions : l'une sur les représentations de la ville d'Alexandrie avec une découverte de l'architecture de cette ville et l'autre sur le cinéaste égyptien Shadi Abdel Salam.

jeudi 3 décembre 2009

Tabaski à Alexandrie


Profitant d'un long week-end à cause de la fête de l'Aid (plus connue en Afrique de l'Ouest sous le nom de Tabaski), je suis parti découvrir Alexandrie.


C'est d'Ismaïlia un long périple de quatre heures de bus mais tellement plus reposant que la voiture d'autant que celle-ci n'est pas vraiment nécessaire pour parcourir le centre d'Alexandrie et se laisser porter par l'histoire de cette jolie ville sur les bords de la Méditerranée.


Fortement marquée par une influence européenne, la ville maintenant surtout connue pour sa bibliothèque est pleine de charme avec ses vieux immeubles, son tramway, ses rue commerçantes, ses pâtisseries. Et l'on a parfois le temps que la vie s'est arrêtée à la fin des années 50 ; heureusement, la jeunesse égyptienne très présente pendant cette période de fête est là pour nous rappeler qu'Alexandrie continue de vivre et que tout n'est pas figé.

En voici donc quelques images : le tramway, la caserne des pompiers, une vieille maison et un fleuriste. A suivre...

vendredi 23 octobre 2009

L'Eglise catholique en Egypte : des défis à relever


En plein dans le débat local, avec des échos modestes en France, sur le port du niqab en Egypte et notamment dans les collèges et universités, voici les propos éclairants sur la situation des catholiques en Egypte telle que présentée au Synode africain de 2009 par Mgr Kyrillos William, évêque d'Assiout des coptes.

Le fondamentalisme religieux, l'émigration des cadres chrétiens, les réfugiés, le travail œcuménique - qui laisse à désirer -, la formation adéquate des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs, pour faire face aux changements de la société : autant de défis pour l'Église catholique d'Egypte.

Sur une population totale de 80 millions d'habitants, a expliqué Mgr William, « les chrétiens en Égypte sont environs 10 millions, dont quelque 300.000 catholiques » : coptes catholiques, majoritaires, melkites, maronites, syriens, arméniens, chaldéens et latins.
Il souligne aussi la nécessité de « promouvoir la communion entre les différents rites et les nouveaux mouvements dans l'Église ». L'Église catholique d'Égypte est « une petite communauté qui garde son cachet d'Église universelle, elle porte aussi les soucis de toute Église africaine, tout en ayant sa spécificité, vivant dans un contexte arabo-musulman différent de celui des autres pays africains », a fait observer l'évêque : « elle est aussi une Église locale riche de traditions, de cultures, de rites et une liturgie propre ».
Les activités socio-pastorales des diocèses, des congrégations religieuses et des organismes laïcs donnent « la priorité à l'éducation ». « Par l'école, a précisé Mgr William, nous formons l'enfant à la tolérance, au respect de l'autre différent et aux valeurs humaines. Cette formation crée des ponts entre les différentes couches religieuses et sociales ».
Mais l'Église locale s'investit aussi dans le domaine du développement socio-économique : « promotion de la femme » et « animation rurale » par l'alphabétisation, la santé, les micro projets, etc...

mardi 20 octobre 2009

Le Musée Mahmoud Khalil


Le Musée Mahmoud Khalil abrite la collection d'art européen des XIXe et XXe siècle la plus importante du Moyen-Orient.
Mohamed Mahmoud Khalil, ancien ministre de l'agriculture, et sa femme Émeline Lock (française) ont rassemblé dans leur palais de Gizea un grand nombre d'œuvres d'art et notamment des peintres impressionnistes - un musée Jacquemart André égyptien...
Cette splendide demeure d'inspiration Art Déco et Art Nouveau après avoir été léguée à l'État égyptien afin qu'elle soit transformée en musée (inauguration le 23 juillet 1962) a également servi de résidence au Président Sadate avant de retrouver son affectation actuelle.

Le musée est, bien entendu, désert hormis les gardes qui sommeillent dans l'entrée près du portique de sécurité hors service. Je croiserai néanmoins un couple européen et quelques étudiants égyptiens venus faire des croquis de certaines œuvres. C'est donc l'occasion de profiter loin de l'affluence des grands musés parisiens d'un certain nombre de chefs d'œuvres même si l'on peut regretter l'absence de mise en valeurs (éclairage) des œuvres excepté le Gauguin “Vie et Mort”et le Van Gogh “Genets et coquelicots”.

Parmi les peintres, on retiendra Rubens, Monet, Daumier, Renoir, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Sisley, Pissaro mais aussi Eugène Fromentin, Berthe Morisot, Degas, Delacroix, Corot, Gauguin, Ensor et Picasso.
Et pour les sculpteurs Rodin (buste de Victor Hugo, un bourgeois de Calais), Barye (notamment Thésée luttant contre le Minotaure), Houdon, Carpeaux, Charles Cordier et Rude.
Quelques œuvres également de peintres égyptiens qui retiennent difficilement l'attention avec autant de grands artistes autour d'eux. Et aussi des vases chinois et des Sèvres.

Il est amusant de voir autant d'œuvres françaises ici au Caire en pleine polémique sur les œuvres égyptiennes du Louvre et leur revendication par l'Égypte. En effet, on pourrait, par un parallèle facile, se dire que tous ces tableaux seraient mieux au Louvre ne serait ce que parce qu'ils seraient plus vus, qu'ils participeraient à la compréhension de l'œuvre des artistes et que certains estiment que cette collection n'a pu être réuni que parce que Mahmoud Khalil a su profiter de la récession économique suite à la crise de 1929.
Pour moi, il n'en est rien. Ces splendides œuvres d'art ont toute leur place en Égypte. Elles sont en effet les ambassadrices de la culture française ; ce serait une erreur que de priver les autres pays de l'opportunité de découvrir ainsi ces artistes et peut être ainsi avoir envie ensuite d'aller visiter le Louvre, Orsay... Par contre, une collaboration avec un musée français pour la mise en valeur serait une belle idée.


Un musée original au Caire mais surtout un havre de paix dans cette ville bruyante. Hélas, les photos sont interdites et la boutique des souvenirs fermées... L'Égypte !!!

lundi 19 octobre 2009

Le Caire islamique

Profitant d'un déplacement professionnel, j'en ai profité pour passer un week-end prolongé de détente au Caire afin de continuer à arpenter les divers lieux historiques. Voici donc quelques images du Caire islamique et de son souk le fameux Khân al-Khalili vieux de 600 ans.


Bien entendu, beaucoup de mosquées, mais aussi les vestiges de la muraille du Caire (notamment Bab an-Nasr, la "Porte de la victoire" et Bab al-Futuh, la "Porte des Conquêtes" érigées en 1087)


et la visite d'une ruelle rénovée avec le soutien de l'UNESCO qui permet de bien se rendre compte comment était le Caire commerçant il y a environ 500-600 ans.



samedi 10 octobre 2009

Ismailia : le livre


Lundi soir dernier a eu lieu à Ismailia une très intéressante conférence sur l'architecture de la ville héritée notamment de la Compagnie du Canal. Cette conférence était à l'initiative de l'IFAO et du CELF d'Ismailia.

C'était l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de cette petite ville surnommée la "Venise du désert" mais aussi de rencontrer des passionnés d'histoire et d'architecture, des amoureux de la langue française...

Quelques mots sur le CELF d'Ismailia que je découvrais par la même occasion : c'est une réunion de jeunes égyptiens passionnés par la langue française qui se retrouvent pour étudier et partager leur passion. Ils ont avec le soutien du Centre culturel constitué une petite bibliothèque dont certains ouvrages datent du début du XXème siècle...

Les références du livre :
Ismailia Architectures XIX XXème Siècles
Collectif sous la direction Claudine Piaton
IF 1006 BiGen 34
ISBN 978-2-7247-0522-5
2009
20 €

Et pour en savoir plus
Institut Français d'Archéologie Orientale - Le Caire : IFAO
La revue In Situ
Architecture Moderne en Méditerranée

mardi 6 octobre 2009

Commémoration du 6 Octobre 1973

Aujourd'hui, l'Égypte fête sa "victoire" sur Israel dans la reconquête du Sinaï. C'est donc un jour férié avec quelques festivités... il n'y a plus cependant de défilé militaire public depuis l'assassinat du Président Sadate - le 6 octobre 1981.
Mais il y a encore des festivités militaires privées avec défilés d'avions de chasse de nuit et feux d'artifice ici à Ismailia où a été érigé un monument en forme de baïonnette sur la rive orientale du Canal de Suez - certains disent même que le Président Moubarak serait présent cette année à Ismailia pour cette commémoration !!!


Bref rappel historique :
Le 6 octobre 1973, l'armée égyptienne franchit le canal de Suez à la faveur de la fête juive du Yom Kippour, le Grand Pardon, pendant laquelle se recueillent beaucoup d'Israéliens. Son armée ne compte pas moins de 1500 chars, 222 bombardiers et près de 300.000 hommes. Elle prend à revers les troupes israéliennes qui stationnent dans le Sinaï depuis leur victoire triomphale de juin 1967. La ligne Bar-Lev qui constitue la ligne de défense israélienne est enfoncée grâce à l'emploi de canons à eau pour trouer les murailles de sable.

NB : un article intéressant pour comprendre un peu mieux la symbolique du 6 Octobre.

dimanche 27 septembre 2009

Le vieux Caire : les Eglises coptes


Pour compléter les photos de mon séjour au Caire du week end dernier, voici quelques photos du vieux Caire.




Quartier facile d'accès grâce au métro, c'est une plongée dans l'histoire religieuse qui attend les visiteurs avec un musée très réussi (de belles pièces, des explications claires) et des monuments vivants. Dans ce quartier tranquille, avec peu d'habitations, pas de voiture, les témoignages de la foi chrétienne de l'Égypte abondent ; le Christ lui-même est venu dans ce quartier lors de la Fuite en Égypte.


mercredi 23 septembre 2009

UNESCO : Défaite égyptienne


La diplomate bulgare Irina Bokova a été élue mardi à la présidence de l'UNESCO battant ainsi le grand favori l'Egyptien Farouk Hosni, Ministre de la culture depuis plus de vingt ans. Elle devient ainsi la première femme à occuper ce poste.

Cette élection met la fin à une affaire qui dure depuis près d'un mois et qui a été relativement bien suivi et relayée par la presse égyptienne - même si celle-ci est relativement discrète sur l'échec de Farouk Hosni peut-être en raison des fêtes de l'Aid.
Cette bataille pour un poste prestigieux est aussi une bataille d'influence du monde arabe qui espérait pouvoir occuper le poste pour la première fois mais aussi de relations internationales dans le cadre du règlement de la crise du Proche Orient.
Cependant, ici, de nombreuses voix se sont faits entendre sur Internet pour appeler au rejet de cette candidature - afin de marquer une opposition avec le Président Moubarak.

Espérons cependant que ces débats et cet échec égyptien ne seront pas une gêne pour les actions de l'UNESCO dans la préservation des sites historiques et l'accès à la culture.

vendredi 11 septembre 2009

Difficile Ramadan


Si le Ramadan est une période de calme c'est aussi un moment où la vie se complique pour les non musulmans. C'est hélas de plus en plus le cas ici où les témoignages d'une radicalisation des esprits se multiplient.

Sont ainsi montrés du doigt voire arrêtés par la police les personnes qui ne respectent pas le précepte du jeûne durant la journée - on parle aujourd'hui de 155 personnes arrêtées notamment dans le Sud mais aussi à Port Saïd. La mesure touche des musulmans mais surtout les Coptes qui semblent néanmoins assez fatalistes face à ces nouvelles brimades.
Ils ont cependant lancé un appel à la grève pour le 11 septembre sur Facebook en appelant les manifestants à rester chez eux et à se vêtir de noir. Mais il s'agit plus de protester contre les difficultés rencontrées pour construire de nouvelles églises que contre les incidents liés au jeûne.

La polémique face à cette répression apparait cependant dans les journaux et sur Internet : certains essayant de justifier ces mesures (y compris au sein du Ministère de l'Intérieur) en invoquant l'incivilité que représentent ces comportements ou en expliquant que ces arrestations se veulent une démonstration de ce que pourrait devenir l'Égypte si elle bascule dans le fondamentalisme (il s'agirait de montrer au citoyen comment le Ramadan est "imposé" dans certains pays du Golfe - Arabie Saoudite et Koweït notamment).

Les personnes arrêtées sont généralement relâchées rapidement parfois après le paiement d'une caution de 500 livres égyptiennes soit un peu plus de 60 euros. D'autres sont simplement harcelées par la police ou parfois aussi par de simples citoyens qui s'estiment offensés.

dimanche 30 août 2009

Marée noire près de Suez



Un pétrolier, battant pavillon panaméen, s'est brisé en deux le 28 aout alors qu'il approchait de Suez où il devait effectuer des réparations.
Le "Elli" est un navire d'une capacité de 59.000 tonnes, il voyageait cependant à vide avec seulement 60 tonnes de pétrole destiné à la propulsion du navire. Une partie de ce pétrole (pétrole de densité légère) s'est répandue lors du naufrage créant ainsi une petite marée noire que les autorités égyptiennes tentent de contenir.
Cet accident serait la conséquence d'une faute de l'équipage lors d'un transfert de liquide lors du nettoyage de cuves : ce transfert de masse a rompu l'équilibre du navire qui s'est alors brisé en deux.

La navigation sur le Canal de Suez n'a pas été interrompu et le défilé des navires continu qu'il s'agisse de porte containers ou de pétroliers.

La nouvelle est ici peu commentée. La Suez Canal Authority ne le mentionne pas et les journaux se contentent de reprendre les dépêches existantes.

NB : La photo n'est pas celle du pétrolier naufragé mais d'un navire passant sous mes fenêtres...

dimanche 16 août 2009

Visite au musée

La ville d'Ismaïlia possède un petit musée régional (ouvert de 9h00 à 16h00) regroupant des pièces antiques de diverses périodes de son histoire ancienne. La plupart de ses pièces ont été découvertes lors des travaux de creusement du Canal de Suez et des canaux d'eau douce comme celui qui traverse encore Ismaïlia.

C'est un vieux musée (construit en 1932) peu entretenu dont la visite est plus que rapide -40 minutes en prenant son temps ... après avoir satisfait aux contrôles de sécurité dignes d'un aéroport. Les objets sont dans de petites vitrines en bois avec des étiquettes manuscrites en arabe et en anglais indiquant vaguement la période de l'objet.


Il y a néanmoins de jolies pièces comme une grande mosaïque représentant des scènes de la mythologie grecque ou le sphinx datant du Moyen Empire (13 ème dynastie) et usurpé par Ramsès II qui trône devant le musée.



Il manque hélas à ce petit musée des notices explicatives sur les lieux de découverte des objets, leur place dans l'histoire de l'Égypte... et peut être aussi une salle sur l'histoire d'Ismaïlia. Cela reste un endroit calme et culturel dans la ville ; il serait néanmoins intéressant de connaitre le nombre de visiteurs par an !

samedi 1 août 2009

Ismaïlia : une ville endormie le long du Canal de Suez


Ismaïlia ou Al Isma'iliyah (en arabe : الإسماعيلية) est une ville récente d'Égypte avec une population estimée entre 750 000 et 1 000 000 (715.000 habitants selon le recensement de 1996 soit 1,21% de la population d'Égypte). La ville est située sur la rive Ouest du canal de Suez, à mi-chemin entre Port-Saïd au Nord et Suez au Sud.
Bordée par le lac Timsah ou Crocodile Lake, c’est une ville touristique pour les Égyptiens notamment les Cairotes. Son nom vient d'Ismaïl Pacha, dernier khédive d'Égypte ; avant son agrandissement par les Français (1863) lors de la construction du canal de Suez, ce n’était qu’un modeste village de pêcheurs. La ville surprend par ses larges avenues, par leur calme, leur propreté et leur verdure.
Ferdinand de Lesseps entendait, en créant cette ville nouvelle sur les bords du Canal et le long d’un canal d’eau douce (Ismailia Canal construit 1858/63 de fournir un approvisionnement en eau potable aux villages utilisés pour la construction du Canal), créer le centre administratif de la Suez Canal Authority tout en offrant un cadre de vie agréable aux ingénieurs et personnels expatriés. La ville qui sera souvent appelée le « Petit Paris » est construite sur un plan européen avec trois rues principales partant du quai (Mohammed Ali Quay) et divisant ainsi la ville en trois quartiers dessinés en étoile.


La ville connaitra un second essor après la Seconde guerre mondiale avec la présence de l'Armée britannique et notamment d'une base de la RAF. Il ne reste de cette époque que la piste de l'aéroport.

Ismaïlia est le centre administratif du canal de Suez et le siège de la Suez Canal Authority. On y voit encore aujourd’hui un grand nombre de constructions coloniales datant de l'époque où Anglais et Français géraient le canal. La plupart de ces constructions sont aujourd'hui habitées par les employés égyptiens travaillant pour le canal.
Le pouvoir égyptien en a fait le symbole de la victoire contre Israël (octobre 1973), et l'a dotée de monuments commémorant la guerre du Sinaï.

Cette ville est aussi connue pour avoir vu naître le chanteur Claude François.

dimanche 26 juillet 2009

Nationalisation du Canal de Suez


Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la nationalisation du Canal par le Président Nasser et de sa déclaration d'Alexandrie (26 juillet 1956). Bien sur pour nous Français cette date ne nous parle que très peu car le problème de Suez pour beaucoup s'identifie aux opérations militaires d'octobre 1956.

Quelques extraits du discours de Nasser qui au delà de la problématique de la nationalisation annonce aussi ses idées au sujet de l'armée égyptienne mais aussi sa perception d'Israël :

"Citoyens,

Nous avons lutté pour nous débarrasser des traces du passé, de l'impérialisme et du despotisme, des traces de l'occupation étrangère et du despotisme intérieur.

Aujourd'hui, en accueillant la cinquième année de la Révolution, nous sommes plus forts que jamais et notre volonté est toujours plus forte.

L'impérialisme a essayé par tous les moyens possibles de porter atteinte à notre nationalisme arabe. Il a essayé de nous disperser et de nous séparer et, pour cela, il a créé Israël, œuvre de l'impérialisme.

Et moi, aujourd'hui, je dis à vos frères de Syrie, soyez les bienvenus ; nous sommes une partie de la nation arabe. Nous irons de l'avant, unis, formant un seul bloc, un seul cœur, une seule main pour la pose des bases et des principes de la liberté, de la gloire et de la dignité, et pour réaliser l'indépendance politique et l'indépendance économique en même temps.

L'Egypte en menant sa Révolution, luttait pour mettre ses problèmes sur une voie autre que celle de la prière et de la mendicité. En 1952, nous étions certains de réaliser l'indépendance politique; mais nous étions fermement convaincus que l'indépendance politique ne pourrait jamais être réalisée que par l'aide et en allant de pair avec l'indépendance économique.

J'ai aussi proclamé que la politique de l'Égypte est issue du cœur même de l'Egypte et non de Londres on de Washington, ou d'ailleurs. J'ai aussi dit que nous étions tout disposés à coopérer avec n'importe qui, à condition que cela ne soit pas au détriment de l'Egypte et de ses intérêts.

Aujourd'hui, je vais tout vous dire au sujet des négociations.. Depuis 1952 et après le succès de la Révolution, l'Angleterre et l'Amérique ont commencé à nous contacter et nous ont demandé de nous allier à elles et nous répondîmes toujours que nous ne pourrions jamais faire partie d'un pacte qui ne grouperait pas tous les Etats arabes.

En 1952, nous avons commencé à parler de l'armement. Ils nous ont dit : nous ne vous donnons pas des armes, si vous ne signez pas le Pacte de Défense Commune et cela veut dire qu'une mission britannique vienne ici et s'occupe de toutes les affairas de l'armée égyptienne.

Nous avons dit que nous voulons une armée égyptienne représentant les principes mêmes proclamés par la Révolution. Nous voulons une armée forte et puissante et nous n'admettrons pas que notre armée soit placée sous les ordres de quelques officiers étrangers, américains, ou autres. Il faut que l'armée travaille pour le peuple et dans l’intérêt du peuple.

Nous leur avons dit que nous voulons acheter les armes avec notre argent et que nous ne voulions pas les avoir à titre d'assistance; mais ils n'ont pas voulu. Ils n'ont voulu nous donner les armes que contre signature du mandat établissant notre esclavage et portant atteinte à notre souveraineté.

Après cela a commencé la lutte du Canal et chacun de vous sait combien nous avons sacrifié et combien nombreux sont ceux qui sont morts sur le champ d'honneur au cours de ces batailles du Canal.

Les Anglais sont sortis d'ici. Ils ont évacué et la gloire en revient non aux négociations et aux discussions, mais au sang qui a été versé à flot dans le Canal, aux morts nombreux. La lutte a été âpre et violente, mais est-ce qu'elle s'est terminée ?

Non, aujourd'hui la lutte se poursuit contre les complices des impérialistes. Ces complices se trouvent partout, dans tous les pays et ils agissent sans armes.

La lutte se trouve partout dans tout le monde arabe. Lutte contre l'impérialisme qui aide la France en Afrique du Nord. L'Amérique et tous les pays du Pacte Atlantique ont oublié les principes qu'ils ont au début proclamés et mobilisent toutes leurs forces pour combattre les Algériens. Mais là aussi le nationalisme arabe triomphe.

Nous avons pris les armes en Russie. Oui, je dis en Russie et non en Tchécoslovaquie. Nous avons conclu avec la Russie un accord pour nous fournir les armes et la Russie a accepté de nous fournir les armes et ainsi a été réalisée la transaction des armes. Après cela, quelle histoire ! On a dit : Ce sont des armes communistes. Je me demande : Y a-t-il des armes communistes, et des armes non communistes ? Les armes, dès qu'elles arrivent en Egypte, elles s'appellent des armes égyptiennes.

Ensuite, ils nous ont dit qu'ils ont un plan pour l'équilibre des forces dans le Moyen-Orient. Mais quel est cet équilibre qui fait qu'on donne un fusil à 70 millions d'Arabes pour deux fusils à un million de Sionistes et un avion pour les uns et deux pour les autres.

Et puis, qui vous a fait nos tuteurs ? Qui vous a demandé de vous occuper de nos affaires ?

En mai 1948 ils ont voulu détruire tout nationalisme arabe, du golfe Persique jusqu'à l'Atlantique. Il a été donc nécessaire de se fournir en armes par n'importe quel moyen, afin que nous ne soyons pas à la merci de nos ennemis et sous la menace d'Israël et des amis d'Israël.

Le Congrès américain qui représente les Etats américains, avait demandé que soit coupée toute aide à l'Egypte, car nous avons refusé d'accepter l'occupation et l'exploitation de notre territoire. Ce fut notre punition. Car en coupant l'aide à l’Egypte, le peuple égyptien dira que Gamal Abdel Nasser a nui au pays, et fera pression sur lui pour qu'il accepte des conditions néfastes au pays. Ils ignorent que le peuple égyptien refuse lui aussi tous ces arguments.

Nous sommes tous là, aujourd'hui, pour mettre une fin absolue à ce sinistre passé et si nous nous tournons vers ce passé, c'est uniquement dans le but de le détruire.

La pauvreté n'est pas une honte, mais c'est l'exploitation des peuples qui l'est.

Nous reprendrons tous nos droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et ce canal est la propriété de l’Egypte. La Compagnie est une société anonyme égyptienne, et le canal a été creusé par 120.000 Egyptiens, qui ont trouvé la mort durant l'exécution des travaux. La Société du Canal de Suez à Paris ne cache qu'une pure exploitation.

Je vous le dis donc aujourd'hui, mes chers citoyens, qu'en construisant le Haut-Barrage, nous construirons une forteresse d'honneur et de gloire et nous démolissons l’humilité. Nous déclarons que l'Egypte en entier est un seul front, uni, et un bloc national inséparable. L'Egypte en entier luttera jusqu'à la dernière goutte de son sang, pour la construction du pays. Nous ne donnerons pas l’occasion aux pays d'occupation de pouvoir exécuter leurs plans, et nous construirons avec nos propres bras, nous construirons une Egypte forte, et c'est pourquoi j'assigne aujourd'hui l'accord du gouvernement sur l'étatisation de la Compagnie du Canal.

Aucune souveraineté n'existera en Egypte à part celle du peuple d'Egypte, un seul peuple qui avance dans la voie de la construction et de l'industrialisation, en un bloc contre tout agresseur et contre les complots des impérialistes.

Aujourd'hui, ce seront des Egyptiens comme vous qui dirigeront la Compagnie du Canal, qui prendront consignation de ses différentes installations, et dirigeront la navigation dans le Canal, c'est-à-dire, dans la terre d'Egypte."

samedi 25 juillet 2009

Souvenirs


Le 25 juillet, même si cela passe maintenant inaperçu, est une date clé dans le conflit israélo arabe.

En effet, c'est ce jour qu'a été proclamé la fin de la guerre entre Israël et la Jordanie. C'était en 1994 et la proclamation du roi Hussein de Jordanie et du Premier ministre israélien Itzhak Rabin mettait fin à 46 années de guerre. La Jordanie devenait ainsi le second Etat à signer la paix avec Israël.

C'est également la date de la rétrocession du Sinaï à l'Egypte par Israël à la suite de l'accord de paix de 1979.

jeudi 23 juillet 2009

Fête nationale


Le 23 juillet est pour tous ici un jour férié car c’est la fête nationale égyptienne : commémoration de la prise du pouvoir par un groupe d’Officiers libres dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952.

Ce groupe d’officiers était un mouvement progressiste créé par le jeune colonel Gamal Abdel Nasser visant à renverser la monarchie et le roi Farouk 1er.

Le 21 juillet 1952, les Officiers libres décident de passer aux actes dès le lendemain. Le déclenchement de l'insurrection doit avoir lieu à minuit. Mais leur complot est découvert et le chef d'état-major réunit les chefs de l'armée en vue d'arrêter les officiers séditieux.
La troupe entoure la caserne où ils se sont réunis mais se range du côté des Officiers libres et gagne avec le Grand Quartier général où délibèrent les chefs de l'armée. En un quart d'heure, l'état-major est capturé.
Dans la nuit même du 22 au 23 juillet, tous les points névralgiques de la capitale sont occupés par les insurgés. Au petit matin, un officier prend la précaution d'avertir l'ambassade britannique que «l'action qui se déroule est d'ordre purement intérieur et que toute tentative d'immixtion de la part des autorités britanniques sera considérée comme un acte d'hostilité».
Vainqueur du bras de fer qui l'oppose à la monarchie, Nasser fait réveiller le général Mohamed Néguib (41 ans), un aîné plus connu et plus prestigieux que lui. Il s'efface devant lui et lui remet la présidence du Conseil et le commandement en chef des armées. Homme intègre et sympathique, Néguib, à vrai dire, n'a ni l'étoffe ni l'ambition d'un chef...

C’est aussi l’anniversaire des attentats de Sharm el Sheikh qui en 2005 ont fait 88 morts et près de 200 blessés dans cette station balnéaire de la Mer Rouge fréquentée par de nombreux Européens.